Le secteur touristique marocain, essentiel à l’économie nationale avec une contribution estimée à 7% du PIB et des milliers d’emplois, fait face à une menace croissante : l’informel. Des guides touristiques non certifiés aux restaurateurs non déclarés, en passant par les loueurs de voitures et les plateformes de location, l’informel bouleverse les règles du jeu.
1. Les guides touristiques : Une carte professionnelle mise à mal
L’obtention de la carte de guide touristique est un processus exigeant, impliquant des formations et des examens. Pourtant, à Marrakech, Fès ou Chefchaouen, des particuliers proposent des visites guidées sur des plateformes comme Facebook, Airbnb Experiences, ou encore GetYourGuide. Ces plateformes permettent aussi à des guides non certifiés de vendre leurs services, souvent à des prix attractifs mais sans garantie de qualité ni conformité avec les exigences locales.
2. La restauration et l’essor des dîners chez l’habitant
Le secteur de la restauration est particulièrement touché par des pratiques informelles encouragées par des plateformes numériques. GetYourGuide, par exemple, propose des dîners chez l’habitant, où des particuliers offrent des repas traditionnels sans se conformer aux normes d’hygiène ni aux obligations fiscales. Airbnb, de son côté, inclut dans ses offres des cuisinières qui préparent des repas pour les touristes dans des logements loués, concurrençant directement les restaurants formels. Ces initiatives, bien que séduisantes pour les visiteurs en quête d’authenticité, mettent en péril les professionnels respectant les standards en vigueur.
3. Loueurs de voitures : Des offres à risques
Dans des villes comme Agadir et Casablanca, de nombreux touristes se tournent vers des particuliers qui louent leurs véhicules via des groupes informels. Ces véhicules, non assurés et souvent mal entretenus, créent une concurrence déloyale pour les entreprises professionnelles et mettent en danger les utilisateurs.
4. Les agences de voyages et les circuits alternatifs
À travers le pays, des agences non agréées et des individus proposent des forfaits touristiques alléchants. Ces services, souvent moins coûteux, se développent sur les réseaux sociaux ou via des plateformes numériques, mais ne garantissent aucune protection en cas de problème. À titre d’exemple, des circuits improvisés, parfois réservés via Airbnb Experiences, ont laissé des touristes sans recours en cas de litige.
5. Les locations informelles : Une alternative qui inquiète
L’essor des plateformes comme Airbnb ou Booking.com permet à de nombreux propriétaires de louer leurs biens sans se conformer aux obligations fiscales ou réglementaires. À Tanger, Essaouira et Marrakech, cette pratique sape la compétitivité des hôtels, qui respectent des standards élevés de qualité et de sécurité. Certains hôtes, en partenariat avec des cuisiniers informels, proposent également des repas, intensifiant ainsi la pression sur les restaurateurs professionnels.
6. Conséquences globales sur le secteur
Le tourisme marocain est non seulement un levier économique mais aussi un outil de promotion culturelle et d’image internationale. L’informel, en sapant les bases de ce secteur, engendre des pertes fiscales importantes, menace la qualité des services et risque de ternir la réputation du Maroc comme destination sûre et professionnelle.





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